UN SCENARIO A DEUX REFERENDUMS EN VUE D’UNE PAIX ISRAELO-PALESTINIENNE DURABLE.
- ovadiamario
- 20 déc. 2023
- 16 min de lecture
Dernière mise à jour : 2 janv. 2024
« Le jour d’après ». C’est par ces mots que les media en France ont pris l’habitude de désigner la période qui suivra la fin de la guerre à Gaza. Que se passera-t-il ensuite ? Il n’est pas trop tôt pour se poser la question, même si le chemin qui mène à la paix, paraît difficile à imaginer dans la situation de violence extrême qui prévaut aujourd’hui. Cette immense tragédie pour deux peuples ennemis qui se déroule sous nos yeux comporte-t-elle malgré tout une lueur d’espoir ?
Il faut le souhaiter.
Deux états, la reprise d’une idée qui avait été mise au placard
Côté israélien, il est vraisemblable que Netanyahou et ses alliés seront évincés du pouvoir à la fin des hostilités. Le fait de n’avoir pas su prévenir les massacres du 7 octobre leur est reproché par la grande majorité des Israéliens.
L’électrochoc sans précédent que constitue la tuerie perpétrée par le Hamas et la guerre très meurtrière qui s’en suit pourraient amener les Israéliens à reconsidérer leur vision sur l’avenir du pays. Il est probable que les nouveaux dirigeants prendront conscience des dangers permanents que représente la poursuite du statu quo, mais aussi de l’hostilité croissante envers Israël, suscitée à travers le monde par la poursuite de l’occupation. Avec les images terribles de la guerre à Gaza, le pays s’est déjà vu perdre une bonne partie du capital d’empathie engendré par les massacres du 7 octobre.
La lassitude des guerres à répétition, et la prise de conscience des menaces permanentes qui pèsent sur le pays devraient favoriser une évolution de l’opinion de la population israélienne sur ce sujet. Elle pourrait à nouveau pencher majoritairement en faveur d’un processus de paix.
Le président américain a exprimé sa totale solidarité avec Israël, et a joint les actes à la parole en déplaçant deux porte-avions et leur armada vers la région. Ce geste fort a empêché jusqu’ici le Hezbollah et les Iraniens, qui seraient tentés de le faire, de se joindre pleinement à la bataille. Les Israéliens de tout bord sont très reconnaissants à leur allié. Fait sans précédent, des conseillers militaires américains se sont joints au commandement central israélien dès la première phase des bombardements massifs. Cette proximité oblige Israël.
Biden plaide fortement pour la recherche d’une solution à deux états dès la fin des hostilités. Il est contesté aujourd’hui pour son soutien jugé excessif à Israël par la gauche de son parti, et par son électorat noir. Le Washington Times écrit que sa position « pro-Israël » pourrait lui coûter des voix chez les jeunes. Actuellement il est légèrement en retard sur Trump dans les sondages. Très impliqué dans ce conflit, le président devrait mettre la pression sur Jérusalem pour l’acceptation d’une paix à deux états avant les élections américaines de 2024.
Côté palestinien, il est très difficile de deviner aujourd’hui la situation qui prévaudra à la fin de la guerre. Il n’est pas envisageable de négocier une paix si les représentants du Hamas ont toujours le pouvoir à Gaza. Cependant il est difficile de croire que le Hamas disparaitra totalement même si, de OLP aux pays arabes modérés, cette disparition est souhaitée dans la majorité des pays de la région en raison de son appartenance aux Frères Musulmans, de sa radicalité, et de ses liens avec l’Iran. Le niveau de nuisance que le Hamas conservera la fin de la guerre sera déterminant.
Des plans s’échafaudent déjà pour l’après Hamas. On a le plus souvent évoqué une direction du territoire par une Autorité Palestinienne rajeunie en coalition avec des pays Arabes modérés. Ce pourrait être aussi conjointement avec l’ONU. La présence de l’Arabie Saoudite faciliterait un financement dont les Palestiniens auront un besoin vital L’Égypte qui a administré le territoire de 1948 à 1967 et qui est restée en contact permanent avec les dirigeants de Gaza connaît bien le sujet mais craint d’être embourbée dans Gaza. Le président de l’Autorité Palestinienne Mahmoud Abbas, a fait savoir qu’il ne viendrait pas à Gaza dans les bottes de l’armée israélienne. Il a dit cependant pouvoir envisager la chose dans le cadre d’un processus de paix qui comprendrait l’évacuation par Israël des territoires occupés. Mais il a 87 ans et a perdu toute autorité. Des noms de successeurs possibles circulent.
Un seul ou deux états ?
La solution à un seul état dont Israéliens et Palestiniens seraient citoyens avec des droits égaux a aussi été évoquée. Une vingtaine d’anciens ambassadeurs de France ont signé récemment une tribune dans Le Monde pour proposer cette voie. Elle est irréaliste et on peut s’étonner de la méconnaissance du terrain montrée par ces diplomates. Dans cet état unique, 7 millions de Juifs et autant d’Arabes de culture et de niveaux économiques différents, auraient à vivre côte à côte après les conflits violents qui les ont opposés. Les Israéliens rejetteraient très fermement cette solution qui signifierait la fin de l’idée d’un « état des juifs » qui était à l’origine de la création d’Israël. L’OLP pour sa part avait également fait connaître sa préférence pour une issue à deux états à plusieurs reprises. La création de deux états sur les bases des frontières de 1967 aménagées paraît être la seule voie acceptable par les deux parties et en définitive la seule porte de sortie.
Quasiment tous les états arabes ont fait savoir qu’ils reconnaîtraient Israël dans ce cas de figure. Les Pays Européens et les Etats Unis y apporteraient sans aucun doute leur soutien actif.
Des défis importants à surmonter par les israéliens en cas de solution de paix à deux états
De nombreux problèmes, sources de conflit, seraient à résoudre dans le cadre dela solution à deux états. Le statut de Jérusalem et des lieux saints ainsi que la demande de retour des réfugiés en font partie. Ils ont été longuement débattus par le passé et des solutions ont été approchées. La question d’une indemnisation des réfugiés a été évoquée. La démilitarisation du nouvel état palestinien, condition sine qua non pour les Israéliens, risque de ne pas être facile à faire accepter à la partie palestinienne. . La durée pendant laquelle le nouvel état palestinien serait démilitarisé est susceptible de faire l’objet d’âpres discussions.
Mais la grande difficulté de la solution à deux états, celle dont l’ampleur donne le tournis, est celle des nouvelles frontières et du sort des populations israéliennes vivant depuis des années dans les territoires conquis par Israël en 1967. Il y a environ 720 000 (1) israéliens qui vivent aujourd’hui dans ces territoires. Ce chiffre comprend la population juive du Golan, de Jérusalem Est, celle d’agglomérations Israéliennes importantes construites le long de la frontière Israélienne de 1967 et celle des très nombreuses colonies construites à travers la Cisjordanie. Il n’est pas envisageable d’évacuer autant d’Israéliens. La solution pourrait être recherchée dans les plans de paix qui ont été négociés dans le passé entre Israéliens et Palestiniens.
Ci-dessous la proposition présentée par Ehoud Barak à Yasser Arafat lors des négociations de paix qui se sont déroulées à Taba dans le Sinaï Egyptien en Janvier 2001. Les deux dirigeants étaient arrivés très près d’un accord sur ce tracé.
PROPOSITIONS ISRAELIENNES LORS DES DISCUSSIONS DE TABA EN 2001 SUR
LESQUELLES LES DEUX PARTIES ETAIENT ARRIVEES PRES D’UN ACCORD

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